Pratiques & recherches
« L’un des buts de l’Institut est de développer la réflexion au sujet de la santé sociale, notamment par le dialogue entre pratiques et recherches. Je vous présente ici en quoi cela consiste !
Vous pourrez ensuite vous inspirer, en consultant nos publications. »
Thomas Marshall, coordinateur de l’Institut de Santé Sociale – Docteur en sciences de l’information et de la communication
Pourquoi se poser la question de la "santé sociale"
des groupes et des organisations ?
Une question ouverte
Photo de Ignacio Brosa sur Unsplash
Parler de « santé sociale » au sujet des groupes et des organisations nous semble relativement nouveau. En tout cas, lorsque nous avons formulé la première version du projet de cette association en septembre 2020, cette expression nous est venue de façon intuitive, et non pas parce que nous aurions lu une théorie quelque part à ce sujet.
Nous avons aimé le caractère ouvert de l’expression : il s’agit de noms communs qui appartiennent au langage courant, loin des jargons professionnels et des marques servant à délimiter l’identité d’une entreprise, d’un service, ou d’un concept.
La santé sociale est aussi une expression qui nous interpelle : nous savons identifier et nommer des manifestations malsaines de la vie collective, telles que le harcèlement, l’emprise, la dépendance, l’exploitation, la discrimination… Mais que peut-on dire d’un fonctionnement social sain ? Les réponses seront vraisemblablement différentes selon les disciplines mobilisées, et en même temps aucune ne peut avoir le monopole de la réponse.
Notre conviction : parler de la santé sociale ne peut se faire que par le dialogue entre plusieurs disciplines, et donc par la reconnaissance de la multiplicité des points de vue.
Une question qui s'adresse à toutes et tous
Nous ne posons pas cette question depuis une position académique, afin de fédérer des acteurs du monde de la recherche autour d’un nouvel objet (ceci dit, si des chercheurs le font, nous nous en réjouirons !).
L’Institut de Santé Sociale est en effet une initiative de la société civile, qui s’adresse aussi bien aux hommes et femmes : scientifiques, professionnel.les, dirigeant.es, élu.es, simples citoyen.nes – au travail, en famille, dans leur lieu de vie, dans leur temps libre, leurs engagements…
Poser la question de la santé sociale des groupes et des organisations nécessite de mobiliser et de croiser une diversité de savoirs :
- des savoirs savants issus de diverses sciences et courants de pensée,
- des savoirs d’expertise issus de diverses pratiques professionnelles, artistiques…
- des savoirs d’expérience issus de nos parcours de vie et des récits venant des autres.
La question de la santé sociale des groupes peut intéresser tout être humain en mesure de parler, quel que soit son âge ! Car nous appartenons tous à des groupes, dont nous avons besoin pour vivre. Et la manière dont ces groupes naissent, vivent, évoluent, et parfois meurent, a une importance décisive sur nos vies.
Une question politique
La santé sociale des groupes et des organisations est une question politique à plus d'un titre.
C'est définitivement une question politique parce que l'espèce humaine, n'étant dotée d'aucune organisation sociale instinctive (ce qui est fascinant à observer chez les fourmis, abeilles, etc.), porte la responsabilité de décider, dans chacun de ses groupements, de ses propres normes, de les transmettre aux générations suivantes, de les transformer, si besoin de les abolir... La santé sociale ne peut donc pas être une norme objective qui dicterait aux groupes un idéal à atteindre, une utopie de l'organisation parfaite. La santé sociale peut être une direction dans laquelle expérimenter, et une perspective pour analyser les (dys)fonctionnements collectifs.
Photo de Andrea Huls Pareja sur Unsplash
A une époque marquée par des périls écologiques sans précédent dans l'histoire de l'Humanité, nommée "Anthropocène" par certains scientifiques, questionner la "santé sociale" des groupes et des organisations peut faire bifurquer notre regard vers le vivant dont nous faisons partie - au lieu de ne considérer que les productions, les possessions, la puissance, les pouvoirs détenus par ces groupes (familles, entreprises, administrations publiques, etc...). Tout comme la biosphère et les écosystèmes ne sont pas des décors de l'histoire humaine, la capacité des êtres humains à vivre et à œuvrer ensemble n'est pas un acquis immuable.
Comment pourrions-nous tout réinventer dans un monde en voie d'épuisement général, si ce n'est en s'appuyant sur d'autres façons d'être ensemble ?
Photo de Alan Aprilio sur Unsplash
La santé sociale des groupes et des organisations est aussi une question politique à explorer, du point de vue des effets transformateurs qu'on peut en attendre à différents niveaux. C'est en effet une perspective de soin et non seulement d'analyse. La prise de conscience collective peut contribuer à des dynamiques d'expérimentation de nouvelles pratiques, qui viennent alors transformer l'image que les gens ont d'eux-mêmes et de leur pouvoir d'agir. Cela peut devenir aussi la base de revendications pour des changements structurels dans les organisations, en particulier les lieux de travail. L'objectif de la santé sociale peut permettre de relier la remise en cause des abus, des violences et des oppressions à la construction de normes sociales alternatives. Ces normes seraient ainsi portées et vécues dans le quotidien de groupes organisés délibérément pour prendre soin de leurs membres tout en mettant en œuvre leurs projets collectifs.
S'inspirer
Lors des années passées, Fleur Mathet et Thomas Marshall, cofondateurs de l’association, ont réalisé au fil de l’eau plusieurs projets favorisant la réflexion sur la santé sociale des groupes et des organisations. En particulier :
L' approche Prosocial
en français
(depuis 2022)
- Traduction et partage des supports méthodologiques de la démarche Prosocial au sujet de la coopération dans les groupes, fondée sur des recherches scientifiques pluridisciplinaires au niveau international (notamment les 8 principes d’Elinor Ostrom, prix Nobel d’Economie).
- Cocréation d’une bande dessinée « Durer comme le Rock », avec Maxime Jeune (publication à venir en 2026).
"Le pouvoir à notre service"
(décembre 2023)
Recueil d’articles co-écrit avec Pierre Tavernier, édité par Santé Sociale Éditions.
"Coopérer : pourquoi est-ce si difficile ?" Pour une culture de coopération dans les associations
(2024)
Remis à jour en 2026, ce livre blanc est disponible gratuitement, en ligne.
Un second livre blanc arrive bientôt ! Il sera publié prochainement.
A venir : des articles et d’autres ressources, stimulant des réflexions croisées entre pratiques et recherches autour de la santé sociale des groupes et des organisations.
INFO +
Début 2026, l’actualisation du projet de l’association nous conduit à :
- rassembler ici des travaux antérieurs ;
- ouvrir l’espace à des personnes souhaitant rejoindre l’association pour créer une communauté, et développer des projets dans cet axe Pratiques & Recherches ;
- finaliser l’écriture d’un manifeste ;
- lancer la préparation d’une « Rencontre de la santé sociale » pour mettre en réseau et partager des réflexions de façon plus collective.
Participer à la réflexion sur la santé sociale
Vous voyez le sens et l’importance du projet de l’association ?
Vous avez des compétences qui pourraient être utiles ?
Vous avez des expériences, des travaux personnels à partager sur le sujet ?
Vous aimeriez contribuer à notre première Rencontre de la santé sociale ?
Vous avez un peu de temps à consacrer bénévolement pour susciter une réflexion sur la santé sociale des groupes et des organisations ?
Vous souhaitez soutenir financièrement ces actions ?
